En réussissant son entrée à peu près en douceur, l'euro a surmonté un défi logistique sans précédent dans l'histoire, grâce à plusieurs années de préparation mais aussi au prix d'une facture corsée.

Certes, tout n'est pas parfait en dépit des proclamations victorieuses des responsables européens: confusion et grogne en Italie, valses des étiquettes çà et là, manque de fonds de caisse chez certains commerçants et files d'attente. Mais les Cassandre avaient prévu le chaos pour ce saut dans l'inconnu.
Plus de 15 milliards de billets et 50 milliards de pièces fabriqués. 304 millions de citoyens à alimenter et à informer en une période brève, par le biais d'une multitude de banques et de commerces. Des dizaines de milliers de tonnes de monnaies nationales à récupérer et à détruire.
Et les travaux d'Hercule de la monnaie unique ne sont pas achevés. "Il reste encore les monnaies nationales à retirer de la circulation, en particulier les pièces qui sont lourdes à gérer sur le plan logistique. L'ampleur de cette tâche a été jusqu'ici sous-estimée", souligne le responsable euro de la banque allemande Commerzbank, Robert Janda.